Inlassablement, il m’arrive que certains clients me posent l’une ou l’autre de ces questions :

  • Pouvez-vous envoyer toutes les photos prises ?
  • Pouvez-vous envoyer vos photos non retravaillées ?

Inlassablement, j’apporte les mêmes réponses :

Non, j’envoie uniquement une sélection de photos consciencieusement triées.
Non, j’envoie uniquement des photos soigneusement retouchées.
Et puis non, parce que jamais deux sans trois !

Faut-il envoyer toutes les photos d’un événement à son client ?

Bien sûr que non ! Chaque client mérite de recevoir le meilleur de son événement et rien que le meilleur : sans flous, ni doublons inutiles, ni fioritures.

Avec le numérique, le nombre de photos a littéralement explosé, de la prise de vue jusqu’à nos disques durs. Même si j’ai à peine connu la photo argentique, j’aime en appliquer sa philosophie de la rareté comme précepte. En ces temps oubliés où les pellicules photo coûtaient cher et les appareils photo étaient bien moins performants, les photographes savaient ménager leur précieux déclencheur au profit d’une concentration et d’une créativité sans commune mesure. Peu de photos, mais beaucoup de qualité.

Etes-vous plutôt paparazzo ou sniper ?

Si une image vaut mieux que de longs discours, une bonne image vaut mieux que de longs diaporamas.

C’est pourquoi je m’applique à capturer l’essentiel en photo, tel un tireur d’élite qui vise juste du premier coup. 🎯 C’est aussi pourquoi, par extension, je me limite toujours à envoyer une sélection des meilleures photos pour chaque speaker – idéalement sous plusieurs angles – parmi les dizaines et dizaines de photos prises pendant plusieurs heures.

Je suis d’ailleurs stupéfait quand je côtoie des photographes “paparazzi” qui shootent non-stop, au petit bonheur la chance, des speakers en mode rafale. Comme s’il s’agissait de sportifs ! Vous imaginez une seconde vos speakers courir en short après une balle tout en tenant leur discours ? 🤔

Je suis encore plus stupéfait quand j’entends des histoires de photographes qui envoient TOUTES leurs photos = les mauvaises (floues, mal exposées, mal cadrées, etc.), comme les bonnes (doublons, triplés, quadruplés…) qui, mises bout à bout, vous feront penser à un “jour sans fin”.

Quel client a sincèrement le temps de sélectionner les meilleures photos parmi des centaines, voire des milliers de photos plus ou moins identiques ? Tout cela parce qu’un photographe paresseux n’a pas jugé utile de faire ce tri. Vous peut-être ?

 

Faut-il envoyer des photos non retouchées à son client ?

Bien sûr que non ! Cette demande, quoique moins fréquente que la première, mérite qu’on s’y attarde.

#nofilter, ou l’arnaque du siècle !

Si je vous disais que toutes les photos prises sur Terre sont en fait retouchées d’une manière ou d’une autre ?! Vous ne le saviez peut-être pas, mais quand vous prenez une photo avec votre appareil compact ou votre iPhone, vous sauvegardez un fichier JPG…  dont le rendu a arbitrairement été défini par votre appareil. A ce titre, le hashtag #nofilter est certainement la plus belle supercherie de notre époque, car chaque marque d’appareil (voire modèle) applique automatiquement son propre “filtre”, ce qui lui confère un rendu unique !

Si le sujet vous intéresse, je vous invite à jouer au jeu des différences ci-dessous et lire cet article de DXOmark (en anglais).
Garanti 100% #nofilter ! 😂

Prise par un Apple iPhone 11 Pro Max
 
Prise par un Huawei Mate 30

Pourquoi donc JPG ? Car ce type de fichier est le standard universel reconnu par tous les appareils grand public (GSM, TV, PC, etc.) et professionnels (sites web, imprimeurs, etc.). Et qu’importe si vos photos vous semblent trop saturées ou pas assez lumineuses ici ou là !

Comme tout photographe, je partage ainsi des fichiers JPG avec mes clients. Sauf que, comme tout photographe pro qui se respecte, je shoote en RAW, l’équivalent numérique du négatif (pour ceux qui se rappellent des pellicules photo). Pourquoi donc ? Car je ne veux surtout pas que mon appareil photo m’impose son propre filtre, qui pourrait induire des couleurs anormalement saturées ou des zones mal exposées. Je doute d’ailleurs que mes clients apprécieraient.

Et pourtant, à l’instar de son illustre ancêtre et morceau de plastique noir, un fichier RAW n’a en soi strictement aucun intérêt pour le client final !

Qu’est-ce-qui confère la qualité professionnelle à une photo ?

Selon moi, 75% de la qualité d’une photo sont acquis dès la prise de vue. Oubliez les légendes autour de Photoshop : Une photo ratée dès le son du déclencheur ne pourra jamais être sauvée par la magie d’un logiciel.

Quid des 25% restants ? Il s’agit du traitement des photos RAW et plus généralement de la retouche générale et/ou locale des lumières, contrastes et couleurs pour donner une apparence correcte, conforme à la “réalité”, tout du moins telle que perçue par le photographe.

Il peut aussi s’agir de retouches “avancées” pour obtenir un “look” artistique, d’ailleurs pas nécessairement fidèle à la réalité. Nous autres photographes voyons souvent des choses, des détails que beaucoup ne perçoivent pas. Livrer ainsi au client une photo “brut de décoffrage”, non retravaillée, est contreproductif, car le résultat imaginé par le photographe au moment de la prise de vue ne peut-être délivré qu’après un méticuleux travail de retouche créative.

Bref, retravailler ses photos est primordial, car c’est ce qui donne aux photos leur aspect “pro” et artistique, propre à la vision de chaque photographe.

Pour boucler la boucle, c’est aussi à ce moment-là que je transforme mes fichiers négatifs RAW en JPG pour que mes clients puissent utiliser leurs précieuses photos. 

Conclusion

Le temps, c’est de l’argent !

Lorsque vous payez un photographe professionnel, vous engagez à la fois un artiste et un prestataire de service dont le but est de maximaliser votre temps et l’efficacité de vos actions de marketing et communication.

Bref, la morale de l’histoire est toujours la même : un événement pro mérite des photos pro !


Crédit photo: Wolfgang Eckert sur Pixabay